La Méditation Yogique, page 1/2

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La Méditation Yogique, page 1/2


Publié par sankara yoga



: : La méditation yogique : :


 

Depuis de nombreuses années, la pratique de la méditation est en plein essor. Les livres sur le sujet se multiplient et les adeptes sont de plus en plus nombreux. Tout le monde s'accorde à dire que la méditation a des effets fantastiques sur l'ensemble de l'individu mais, si vous demandez aux pratiquants ou si vous cherchez dans les ouvrages ce qu'est la méditation, vous obtiendrez des définitions très différentes : mystiques, vertueuses, souvent fantaisistes et de plus en plus fréquemment sans aucun rapport avec le yoga lui-même. On trouve du bon, du mauvais et dans tout cela le non-initié a du mal à s'y retrouver.

I1 y a deux domaines dans le yoga à aborder avec un maximum de prudence :

le premier est le pranayama et le second, la méditation.

Ces domaines sont subtils et puissants et donc à utiliser avec précaution. Ils demandent une grande précision et non de vagues définitions. La méditation est la septième étape du Yoga de Patanjali qui en comporte huit.

C'est une phase très élevée qu'il est impossible d'atteindre sans une préparation adaptée et un minimum de connaissances sur le sujet. Nous ne pourrons pas voir ici le domaine de la méditation dans son ensemble, " il faudrait y consacrer plusieurs ouvrages " nous nous limiterons à éclaircir, les points les plus importants.

 

: : : Le processus de la Méditation : : :


Il est difficile d'expliquer la méditation sans aborder, même succinctement, certains concepts de la philosophie du yoga. Pour l'Occidental, méditer c'est "se soumettre à une intense réflexion", cela implique le mental et ses diverses facultés, l'analyse, la mémoire, ...

Dans la pratique du yoga, la méditation se situe hors du mental ordinaire, c'est le plan de l'intuition. C'est un plan où l'on perçoit, on « réceptionne » et pour bien recevoir, il faut arrêter « d'émettre », de penser. Il est très difficile de ne pas penser, quelques secondes ça va, plusieurs dizaines de minutes c'est autre chose. Et si on attend que le mental s'arrête tout seul, on peut attendre longtemps. Pour stabiliser le mental ordinaire et finalement l'immobiliser, nous fixons notre attention sur quelque chose : un point imaginaire ou concret, une image, une forme géométrique ou un son. On observe, on écoute, mais on ne pense pas, c'est cette fixité tenue plusieurs minutes qui nous fait accéder à la méditation. Voilà pour le principe, mais pour bien comprendre ce qu'est la méditation, il faut connaître son mode de fonctionnement.





La méditation, un sens latent

La méditation fait partie d'un processus en lui-même indissociable concentration (dharana), méditation (dhyana), et samadhi. C'est le même mouvement qui en s'intensifiant change de nom. Au cours de la concentration, nous cherchons à maintenir notre attention sur un symbole, un objet, une activité particulière à l'exclusion de toute autre pensée ou image. Mais très rapidement des pensées, des images étrangères arrivent. Le mental passe d'une idée à une autre en permanence, c'est une véritable sarabande qu'il semble impossible d'arrêter; nous sommes obligés de ramener sans cesse notre attention sur le symbole. De ce fait, nous faisons un effort de volonté et de vigilance pour maintenir notre attention sur le symbole. C'est la concentration.

Au bout de plusieurs minutes le mental se calme, les images et les pensées sont moins nombreuses, l'attention se maintient plus facilement sur le symbole, la concentration s'intensifie. Mais l'on est toujours conscient de son environnement.

Lorsqu'il n'y a plus de pensées, d'images étrangères, plus aucune interférence pendant plusieurs minutes et que la concentration se poursuit sans effort, d'elle-même, dans un flux continu, sans interruption, c'est la méditation.

Toute référence avec l'extérieur cesse, nous ne sommes plus conscients de notre environnement, nous sommes hors de la conscience habituelle, hors du mental, de l'ego et du connu. C'est là où le génie créatif puise son inspiration. Un seul mouvement, une seule pensée ou émotion et la méditation s'arrête. La concentration, en s'intensifiant, mène à la méditation, elle-même en se prolongeant et en s'amplifiant conduit au samadhi.





On peut comparer la méditation à un voyage d'un point à un autre, la concentration étant le point de départ, le samadhi le point d'arrivée, la méditation le trajet entre les deux.

Á chaque séance, on se rapproche un peu plus de l'objectif et à chaque fois on en revient avec une connaissance, une perception supérieure relative au symbole utilisé. C'est une connaissance qui vient toute seule, qui se révèle spontanément, comme par imprégnation, par osmose. Au fur et à mesure de la pratique, l'imprégnation est de plus en plus complète, lorsqu'elle est totale, c'est le samadhi.

On dit qu'il y a union entre le symbole et le méditant.

Le processus entier, concentration, méditation et samadhi est une fonction, une faculté capable d'appréhender des sujets hors de portée des sens et du mental ordinaire, comme l'infini, l'éternité... La méditation n'est pas un état, ni un but en soi, mais un outil qui se déclenche après plusieurs minutes de concentration et qui conduit au samadhi.

Méditer sans atteindre le samadhi, c'est préparer un bon repas sans y goûter.

La méditation est en fait un sens latent, qui se développe par la pratique. Elle fait appel à un pouvoir inhérent à l'être humain ressemblant un peu à celui du caméléon : «on devient ce que l'on observe».






A quoi sert la méditation.

La méditation est un pouvoir d'identification fantastique, on peut obtenir beaucoup de choses, certaines inimaginables ; toutes capacités, qualités, connaissances peuvent être acquises et développées par la méditation. Il suffit pour cela que deux conditions soient remplies :

Pouvoir y consacrer du temps, car le samadhi ne vient pas en une heure mais demande des mois, voire des années de travail.

Synthétiser votre demande sous une forme facile à fixer : un symbole.


Prenons un exemple :

supposons que vous désiriez acquérir la force.
Comment fixer son attention sur ce concept ? Réfléchir, ce n'est pas la méditation. On utilise un symbole qui représente la force : l'image d'un éléphant, d'un buffle. On visualise un éléphant et l'on fixe son attention sur cette image créée, tout simplement et cela marche. C'est ainsi pour toutes choses : la sérénité, la connaissance... c'est la meilleure façon d'apprendre, la plus facile et la plus complète. Pour les choses simples, le symbole peut être facile à trouver, pour les demandes plus compliquées il vaut mieux se faire aider par un expert.

Quoi qu'on veuille, il y a un ou plusieurs symboles déjà existants qui représentent notre demande. Pour toutes choses il y a un symbole, sauf pour le vide. Méditer n'est pas facile et trouver le symbole, l'axe profond de notre méditation n'est pas simple non plus. La science des symboles est vaste et complexe, chaque système de yoga a ses techniques de concentration et de méditation "même le hatha yoga", avec des symboles et des objectifs divers.

Il faut avoir bien réfléchi avant de s'adonner à la pratique.
Quels sont vos objectifs ? Quelle est la portée de tel ou tel symbole ? Le symbole doit être choisi avec soin, il est d'une importance capitale, car les principaux effets de la méditation en découlent.

En résumé pour utiliser avec efficacité ce sens qu'est la méditation, il faut un objectif et un symbole ou une technique qui permette d'atteindre votre objectif. On peut méditer sur tout ce que l'on veut mais on n'obtient pas la même chose selon le symbole choisi et il n'est pas certain d'atteindre un quelconque « bien-être » car il y a des méditations qui sont loin d'être joyeuses. D'autre part, ce n'est pas parce que vous pratiquez un certain type de méditation que vous faites du yoga.




: : : Les obstacles à la méditation : : :


Les obstacles physiques

La fatigue Lorsque nous sommes fatigués, la méditation ne s'installe pas, c'est l'engourdissement et le sommeil qui arrivent. La méditation requiert disponibilité et vigilance.

Changer sans cesse d'objectif Ce n'est pas en se laissant porter au gré de nos inspirations et humeurs du moment qu'on arrivera à un résultat tangible. Une fois le support choisi, il ne faut pas en changer avant d'avoir obtenu sur ce support le samadhi, après vous pouvez changer.

Si nous reprenons l'analogie, méditation = voyage, changer sans cesse de symbole équivaut à faire quelques mètres dans toutes les directions, sans possibilité d'atteindre jamais la destination du voyage, le samadhi.
On n'atteindra même pas les couches profondes de la méditation et nos connaissances, s'il y en a, seront partielles.





La posture

Un problème majeur que rencontre le débutant se situe au niveau de la posture de méditation : il faut une posture stable et confortable de façon à garder une totale immobilité pendant 20 minutes au départ, puis progressivement jusqu'à une heure et plus. Sans une telle posture, la méditation est impossible. Il faut placer le corps de façon à pouvoir l'oublier complètement. C'est pour cela que la posture doit être confortable, ce ne doit pas être une épreuve de volonté.

L'immobilité est très importante car le moindre mouvement surtout chez les débutants peut nous ramener du plan « méditatif » au plan de la conscience corporelle, donc de la conscience habituelle et la méditation s'arrête. L'immobilité volontaire est une véritable épreuve pour un débutant et l'obtention d'une bonne posture peut en être une autre. Le hatha yoga est une aide précieuse pour cela.

C'est avec la pratique régulière de la posture assise et par les autres postures du hatha que se règle le problème. Il y a une alternative à la posture assise de méditation, c'est le yoga nidra.

Nous devons toujours rester immobiles mais allongés ce qui est plus facile. Le yoga nidra est beaucoup plus qu'une relaxation, c'est un yoga complet qui permet d'atteindre les plus hautes phases de la méditation et de la conscience pourvu que la séance soit conçue pour. La méditation est grandement facilitée par cette méthode car elle est dirigée par l'enseignant ainsi le mental du pratiquant ne peut intervenir.





Les obstacles émotionnels

Il existe un obstacle majeur ressenti par tous, si on n'y est pas préparé. Un obstacle incontournable tellement fort qu'il fait fuir de nombreux pratiquants doués : une profonde angoisse ou pire la peur. Une angoisse ou une peur inexpliquée qui vous tombe dessus brutalement, alors que tout semblait aller si bien. La détente, la disponibilité, la concentration étaient là et soudain le coeur se met à battre très vite, la gorge se serre, le mental s'affole. Ce problème est lié simplement à un phénomène physiologique normal. Au cours de la concentration et de la méditation, grâce á l'immobilité physique et mentale, la respiration se ralentit considérablement jusqu'à 3 ou 4 respirations par minute, voir moins. Du même coup le rythme cardiaque chute significativement. Or il y a dans le corps un réflexe de survie qui se déclenche lorsque le coeur est anormalement bas. Une forte dose d'adrénaline est envoyée dans l’organisme, et le coeur ainsi que la respiration s'accélèrent violemment, comme dans une sensation de peur. La grande majorité des personnes ayant vécu cette expérience l'ont assimilé à l'angoisse ou à la peur, mais ce n'est qu'un réflexe que nous apprenons à contrôler grâce à la pratique de la posture dans l'immobilité prolongée et grâce au pranayama.

Les angoisses peuvent être liées à d'autres phénomènes.
La conscience durant la méditation se retire des couches superficielles pour entrer dans les couches profondes de l'être (comme la circulation sanguine d'ailleurs) amenant une sensation de perte, d'oubli, de morcellement ou d'isolement.





Les obstacles mentaux

La méditation se situe hors du mental ordinaire, mais cela ne se passe pas instantanément pour un débutant. Au cours de la concentration, c'est-à-dire de la fixité de l'attention sur le symbole, avant que la méditation s'installe vraiment nous allons traverser les couches du mental. Ce passage est automatique et systématique. Au cours de la concentration, les premières pensées à apparaître sont des pensées sans suite, pêle-mêle, des morceaux de publicité, de musique, de souvenirs, tout un ensemble d'images et de pensées superficielles et sans intérêt. Puis lorsque cette couche est dépassée arrivent trois grands thèmes, trois vagues de pensées-images, vont se déverser dans le champ de notre conscience :

les pensées-images de sexe
les pensées-images d'agressivité, de violences extrême
les pensées-images de vertus, ou l'on est toujours à son avantage d'une manière ou d'une autre (le nouvel élu, Jésus-Christ superstar, ou le martyr qui sauve le monde).

Ces vagues de pensées, d’images peuvent êtres tellement importantes qu'il y a de quoi se décourager et se culpabiliser. II n'y a pas lieu de s'inquiéter, c'est le processus de nettoyage, de purification du mental, tout à fait normal par lequel tout le monde passe. Il dure plus ou moins de temps selon l'attraction ou la répulsion qu'on y porte. Il ne s'agit pas de bloquer ou d'alimenter ces images, ni de se sentir offusqué ou glorifié, ce n'est que la manifestation du mental. Il faut les laisser passer sans réaction ni dans un sens ni dans un autre. Plus vous résistez, plus vous bloquez ces pensées, plus elles se renforcent, il ne s'agit pas non plus de les alimenter. Ne vous en occupez pas et revenez sans cesse sur votre concentration, elles cesseront faute d'intérêt. Alors le mental aura la disponibilité nécessaire pour que s'installe la méditation.

Beaucoup de pratiquants, de « méditants » vous diront qu'ils ne sont jamais passés par ces couches. C'est parce qu'ils n'ont jamais pratiqué suffisamment et régulièrement pour dépasser la couche de pensées-images superficielles. Si les trois thèmes précédemment évoqués sont communs, l'imagerie, le scénario sont différents pour chacun. Tout le monde voit des choses différentes, qui le concernent. Ce n'est pas pour rien qu'arrivent de telles images, ce sont des informations sur nous-mêmes, nos attaches, nos désirs, notre ego,
"la connaissance de soi" passe aussi par là.





Satyananda dit :

" si ces couches ne se manifestent pas, soit tu es un sage libéré qui s'ignore, soit tes blocages sont plus importants que tu le crois ".


: : : Essayez cette technique de concentration : : :


La concentration produit une expérience et cette expérience apporte une connaissance directe.

Swami Sivananda disait :

"une once de pratique vaut plus qu'une tonne de théorie".

Partant de ce principe nous vous conseillons vivement de pratiquer. Voici donc une petite technique de concentration, en utilisant le souffle comme support (méditation avec attribut) Choisissez une position confortable, il ne faut pas que le corps vous envoie des signaux de douleurs, cela vous empêcherait de poursuivre votre concentration et peut-être même la méditation. Soit à plat dos (au risque de vous endormir), soit en position assise (posture parfaite).

Prenez le temps de bien vous installer, puis décontractez au mieux l'ensemble des muscles du corps et du visage. Une fois installé, ne bougez plus, maintenez volontairement l'immobilité du corps en utilisant la détente. Maintenez votre attention sur le corps et vérifiez instant après instant que vous êtes bien immobile.

Continuez à maintenir l'immobilité du corps et prenez conscience du va-et-vient du souffle à l'intérieur des narines. Laissez le souffle se faire de lui-même et observez en même temps l'immobilité du corps et le souffle naturel au niveau du nez. Maintenez l'exercice à ce niveau pendant cinq minutes environ.

Continuez à intensifier votre concentration en prenant conscience de votre souffle (toujours bien calme et naturel) et des temps d'arrêt du souffle. Après l'inspiration, le souffle s'arrête sans effort un petit instant. Puis, après l'expiration prenez conscience de l'arrêt du souffle á poumons vides et toujours sans effort. Ne cherchez pas à contrôler le souffle, utilisez le souffle pour vous concentrer, à ce niveau vous devez être conscient en même temps de l'immobilité du corps, du va-et-vient du souffle et des temps d'arrêt du souffle. Soyez bien à l'écoute de ce que vous ressentez. Maintenez l'exercice le temps que vous pouvez, sachant qu'inévitablement votre concentration sera interrompue par des sensations, des pensées....

Ne vous découragez pas et continuez l'exercice sans vous mettre en tension.



 
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Source : http://www.sankara.fr
Dernière mise à jour : ( 01-03-2008 )

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